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 La DATAR devient la DIACT... Et alors ?

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Sisyphe
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MessageSujet: La DATAR devient la DIACT... Et alors ?   Dim 1 Jan à 21:00

La DATAR, Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale, est devenue par décret, fin décembre, la DIACT, Délégation Interministériel à l'Aménagement et à la Compétitivité des Territoires.

Voici d'ailleurs le communiqué officiel

Citation :
EXTRAIT DU CONSEIL DES MINISTRES DU 21 DECEMBRE 2005
«... Le ministre d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, a présenté un décret créant une délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires qui se substitue à la délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale créée en 1963.

Cette nouvelle organisation administrative traduit les orientations du Gouvernement en faveur du développement territorial, marquées par la volonté de promouvoir l'attractivité du territoire national tout en poursuivant une politique de solidarité envers les zones fragiles ou excentrées. Le double impératif de compétitivité et de cohésion se traduit par la transformation de la DATAR en délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires et par un élargissement de ses missions, principalement pour faire face à l'accompagnement des mutations économiques qui déstabilisent certains bassins d'activité.

Le décret définit les missions de la délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires qui est placée sous l'autorité du Premier ministre :

- aider les acteurs les plus dynamiques à développer leurs atouts et leurs complémentarités, améliorer leur organisation collective et renforcer leurs stratégies de développement économique et d'innovation ;
- mettre en œuvre une politique active de cohésion au profit des territoires qui souffrent de handicaps ou qui se trouvent confrontés à des situations de crise économique et industrielle ;
- développer les partenariats et les synergies avec les acteurs de l'aménagement du territoire : collectivités territoriales au premier chef, entreprises, associations, en utilisant la voie contractuelle et l'incitation.
... »

ici : http://www.datar.gouv.fr/Datar_Site/DATAR_Actu.nsf/Frame/Actus?opendocument&ID=CLAP-6KAKB5&

*

Rolling Eyes Vous constaterez comme moi l'aspect "xyloglotttique" ("langue-de-bois") du communiqué, et le peu que je trouve sur internet est de la même eau.

La question reste donc entière : pourquoi ? Pourquoi ce changement de nom ? Que traduit-il au juste ? Est-ce purement cosmétique ?

*

Je suis personnellement tenté par une analyse de gauchiste frénétique Wink : il y a d'un côté le vocabulaire très "culture d'entreprise" ("compétitivité" dans l'intitulé, les entreprises mises au même rang que les collectivtés territoriale dans le communiqué, et la notion d'incitation et de contractualité), de l'autre je ne peux m'empêcher de songer qu'un autre des gros appareils de la tradition interventionniste française, le Commissariat au Plan (qui ne faisait de toute façon plus de plans depuis la primature de M. Balladur), a été récemment coulé, ou quasiment (après que son dernier directeur, limogé ipso facto, a ouvertement critiqué premier ministre sur la question de la privatisation des autoroutes et de la création de la banque postale).

Bref : faut-il y voir une évolution "libérale", et donc d'ordre politique, ou est-ce de ma part une analyse trop simpliste ? Est-ce que selon vous la DATAR/DIECT a encore un rôle ? Est-il significatif qu'elle devienne "interministérielle" ? Etc. etc.


Dernière édition par le Sam 7 Jan à 4:04, édité 1 fois
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Miguel
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MessageSujet: Re: La DATAR devient la DIACT... Et alors ?   Dim 1 Jan à 23:23

Une première réaction à chaud.

Tout d'abord, n'as-tu pas écrit un peu trop vite au début ? Tu écris Attractivité des Territoires au lieu de Compétitivité des Territoires. Smile Erreur de frappe sans doute (d'ailleurs, un peu plus loin, auto-épaté par ton terme xyloglottique, ou plus simplement subjugué par toute la poésie qui s'en dégage, et désireux de prolonger le plaisir, tu as placé 3 t au lieu de 2 Mr.Red - trève d'âneries, j'arrête là mon clin d'oeil)

Il y a plusieurs années qu'on annonçait la fin de la DATAR. Il me semble que la première fois que j'ai entendu parlé de cette fin (idée qui circulait, sans être concrète), ce devait être au tout début de la décennie, mais peut-être en parlait-on déjà auparavant.

La DATAR était de toute façon extrêmement critiquée, pour plusieurs raisons. Il faut rappeler qu'elle est née dans le contexte que l'on sait de reconstruction d'après-guerre, d'urbanisation folle et de démocratisation de la voiture particulière. Elle se place dans la suite logique des raisonnements de l'époque ("Paris et le désert français"), qui consistaient à dire, et ce à plusieurs échelles, trop de concentration, donc trop de déséquilibres (économiques, de population, etc.). Donc, agir dans le sens d'une meilleure répartition et d'une déconcentration des hommes et des activités (et de l'attractivité) : à l'échelle nationale avec la "création" des fameuses "métropoles d'équilibre" (Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, entre autres), chargées de faire contrepoint à la puissance (à l'hypertrophie, a-t-on pu dire) parisienne ; à l'échelle des agglomérations, avec l'arrivée des villes nouvelles. Dans le premier cas, c'est la DATAR qui s'est occupée de l'affaire (dans le second cas, pour la région parisienne, c'est la gestion de Delouvrier et compagnie).

Mais ces dernières années, de plus en plus nombreuses ont été les critiques vis-à-vis de cette idée de "Paris et le désert français" (citons un auteur que j'admire personnellement, Guy Burgel, avec son "Paris : avenir de la France" ; malgré le titre, sa thèse n'est pas anti-provinciale, ne vous inquiétez pas). La question est devenue peu à peu : "des métropoles d'équilibre étaient-elles nécessaires ?" Je ne chercherai pas à répondre à cette question, et je me contenterai de dire que c'est l'une des raisons qui ont poussé la DATAR à la faillite (toute relative car, malgré la tendance actuelle à dire que la DATAR a failli à sa mission, je crois qu'elle peut se targuer de pas mal de succès).

Au-delà de cette question, et d'une manière assez paradoxale eu égard à ce que je viens d'exposer (la nécessité de réduire le poids de Paris, finalement), la DATAR représentait jusqu'ici un pouvoir central, teinté de jacobinisme, une mainmise de l'Etat sur les territoires. La critique qui s'élevait ces dernières années trouvait dans les actes de décentralisation (depuis 1982-1983) des arguments difficiles à contrer. Et il semblait inévitable qu'un jour l'Etat finisse par se désengager partiellement de cet objet devenu fardeau. (Il se passe un peu la même chose avec le futur désengagement de l'Etat par rapport au STIF - Syndicat des Transports d'IdF.)

Contexte de décentralisation, donc, et en même temps une tendance, que l'on observe dans l'ensemble de l'Europe (en matière de transports comme d'aménagement du territoire) à une moindre régulation, ou plutôt un passage du système où l'Etat possède la mainmise (maîtrise d'ouvrage, dirons-nous) à un passage beaucoup plus contractualisé : "la voie contractuelle et l'incitation", à la fin du texte que tu as placé, sisyphe, est à cet égard fort instructive.

Tout cela semble donc correspondre à ce mouvement qui, progressivement, donne des pouvoirs aux territoires locaux et retire celui de l'Etat. Légitimité que je ne chercherai pas à discuter ici, même si 1) avec les lois de décentralisation, l'apparition de 36 000 aménageurs (les maires) qui ne l'étaient pas a posé un problème nouveau à l'Etat 2)on risque de se poser la question de "à quelle échelle placer l'intérêt général" 3)comment gérer, par-dessus, les déséquilibres qui vont nécessairement se renforcer par le pouvoir donné à "l'attractivité" et à la "compétitivité".

Ce que je dis ne fait que compléter et ne contredit absolument l'analyse de sisyphe, que j'accompagne tout au moins en partie, dans la mesure où les termes de "compétitivité" des territoires, de "marketing urbain" vont se raffermir plus que jamais (ils l'étaient de plus en plus déjà). Il y a donc effectivement une évolution (certains parleraient de dérive ; je resterai plus sobre - ici) libérale, mais il y a aussi et peut-être surtout une ouverture globale des liens entre Etat et acteurs du territoire (qui implique une ouverture des liens entre collectivités territoriales et autres acteurs locaux, comme les entreprises, les associations...), dans le sens d'une "négociation" (la mode de la "concertation" : on est en plein dedans), qui remplace les anciens modes et processus de "production des territoires". (Pas d'accord avec toi, Sisyphe, lorsque tu dis que les entreprises sont placées aussi haut que les coll. locales : celles-ci sont citées avec la mention "au premier chef" ; par ailleurs, elles disposent encore de la maîtrise des territoires par les leviers puissants que constituent la maîtrise du foncier et les documents d'urbanisme ; mais il est vrai que le rapprochement entre les uns et les autres suggère un certain nivellement des compétences dans le cadre de négociations.)
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Sisyphe
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MessageSujet: Re: La DATAR devient la DIACT... Et alors ?   Sam 7 Jan à 4:16

Miguel a écrit:
Une première réaction à chaud.

Tout d'abord, n'as-tu pas écrit un peu trop vite au début ? Tu écris Attractivité des Territoires au lieu de Compétitivité des Territoires. Smile Erreur de frappe sans doute (d'ailleurs, un peu plus loin, auto-épaté par ton terme xyloglottique, ou plus simplement subjugué par toute la poésie qui s'en dégage, et désireux de prolonger le plaisir, tu as placé 3 t au lieu de 2 Mr.Red - trève d'âneries, j'arrête là mon clin d'oeil)

Corrigé.

Surprised Cela étant, l'honnêteté me pousse à signaler que "xyloglottique" n'est pas de moi :

http://www.cledut.net/xylo.htm


Citation :
La DATAR était de toute façon extrêmement critiquée, pour plusieurs raisons. Il faut rappeler qu'elle est née dans le contexte que l'on sait de reconstruction d'après-guerre, d'urbanisation folle et de démocratisation de la voiture particulière. Elle se place dans la suite logique des raisonnements de l'époque ("Paris et le désert français"), qui consistaient à dire, et ce à plusieurs échelles, trop de concentration, donc trop de déséquilibres (économiques, de population, etc.). Donc, agir dans le sens d'une meilleure répartition et d'une déconcentration des hommes et des activités (et de l'attractivité) : à l'échelle nationale avec la "création" des fameuses "métropoles d'équilibre" (Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, entre autres), chargées de faire contrepoint à la puissance (à l'hypertrophie, a-t-on pu dire) parisienne ; à l'échelle des agglomérations, avec l'arrivée des villes nouvelles. Dans le premier cas, c'est la DATAR qui s'est occupée de l'affaire (dans le second cas, pour la région parisienne, c'est la gestion de Delouvrier et compagnie).

Ce qui est assez amusant, c'est que tout ce que tu racontes ici (villes nouvelles, métropoles d'équilibre, etc.) m'est relativement familier, pour la bonne raison que je l'ai appris, et ce non pas en khâgne ni même en terminale, mais au collège. La décentralisation faisait partie, de mon temps, du programme d'instruction civique de 5e, et de géographie de 3e ; et la DATAR y figurait tant et plus. "Paris et le désert français", je m'en souviens, était un titre de chapitre, et j'ignorais que ce fût le titre d'une oeuvre.

La connaissance de la DATAR, dépasse (ou dépassait), me semble-t-il, le strict cadre des géographes et aménageurs. Elle fait partie d'une certaine "culture générale avancée", du bac au café du commerce, des disserts de lycée aux sup' de co, des beuveries de khâgneux (à la camomille...) aux tartines des journalistes, bons ou mauvais.

D'où deux impressions paradoxales de ma part : d'un côté qu'il y avait une célébrité infondée de la DATAR, si je comprends bien tes propos (car elle était présentée partout comme la Justice Immanente qui allait rééquilibrer le territoire et qui fonctionnait merveilleusement), et de l'autre que le fait de détruire son nom est d'autant plus symbolique, et donc n'est pas un hasard.
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iyhutf
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MessageSujet: datar diact   Jeu 11 Jan à 17:09

[b]ce fou persone ne peut donner une reponce clair sur le sujet jai honte
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Sisyphe
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MessageSujet: Re: La DATAR devient la DIACT... Et alors ?   Jeu 11 Jan à 23:00

iyhutf a écrit:
[b]ce fou persone ne peut donner une reponce clair sur le sujet jai honte

Rolling Eyes Pourtant, si j'en juge par l'adresse IP à partir de laquelle vous postez, cher inconnu, il y a de grandes chances pour que vous vous sachiez de quoi il retourne, puisque votre entreprise est précisément en lien avec les collectivées locales...

Si vous avez des compétences à nous faire partager, soyez le bienvenu. Mais si c'est uniquement pour poster des remarques désobligeantes... Je ne pense que pas que votre entreprise apprécie plus que nous que vous passiez vos heures de bureau à faire du "pollupostage".
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MessageSujet: Re: La DATAR devient la DIACT... Et alors ?   Aujourd'hui à 17:32

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