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 Déconstructiviste ou néo-positiviste ? Quelle géographie ?

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homogeographicus

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MessageSujet: Déconstructiviste ou néo-positiviste ? Quelle géographie ?   Jeu 8 Déc à 11:09

Grande question doit-on être déconstructiste comme le suggèrent les historiens ou néo-positiviste comme le propose « les sciences dures ». De fait, cette question revient à poser l’interrogation suivante : doit on être tenant de la science molle ou de la science dure en géographie ou encore est-on pour Popper (correspond vision E. Auphan) ou Kuhn (vision D. Pumain) ?
Deux trois mots pour expliquer les différences :

1) Déconstructivisme
Position Post moderniste postule relativisme au sens particularisme « De toute chose l’homme est la mesure » donc subjectivité de l’être, de sa pensée de ses pratiques donc impossibilité d’objectivité. Moralité toute théorie de Science dures est nécessairement subjective car construite par un individu donc subjectif.
Popper construit donc une approche facificatrice => toute théorie scientifique nécessairement de science dure est toujours fausse (subjectivité) ou n’a de validité que pour l’individu qui l’à produite. Il faut donc la falcifier
On doit quand il y a une théorie avoir toujours des falcificateurs. Si un contre exemple => théorie fausse donc négation de théorie…on qualifie cela de déconstructivisme
 C’était une réaction des historiens face à la scientifisation de l’histoire (Ecole des Annales) : même avis du philosophe historien P. Ricoeur.
Moralité la science doit toujours fonctionner par falcification donc avec des cas particuliers. Objectif Post Modernisme remettre en cause le projet scientifique issu de la philosophie des Lumières (cf Hypergeo)

2) Le néo-positivisme
Face à la réaction déconstructiviste des popperiens, Kuhn, physicien de formation apporte une réponse épistémologique à l’aporie déconstructiviste. Falcification nécessaire mais elle n’est pas une négation de la théorie en soi, il s’agit simplement d’une crise ; si cette dernière perdure, la discipline évolue vers une révolution scientifique. L’ancien paradigme est alors contredit par un nouveau paradigme. Si ce dernier est accepté par un groupe d’individus alors, les démarches de l’ensemble de la discipline changent. Kuhn dans « la structure des révolutions scientifiques » donne l’exemple de la physique au XVI, XVII, XVIII. Il montre qu’au stade primitif plusieurs paradigmes coexistent ensembles puis avec la falcification, un seul survit et la science physique naît. Donc l’auteur montre que l’approche poppérienne permet de dégager les crises mais que ces dernières doivent être toujours suivies par une nouvelle proposition théorique. Tant que cette dernière n’aurait pas été proposée, les anciennes conceptions théoriques seraient considérées comme valides.
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Miguel
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MessageSujet: Re: Déconstructiviste ou néo-positiviste ? Quelle géographie ?   Jeu 8 Déc à 11:56

Merci homogeographicus d'avoir remis en perspective les deux positions, surtout pour des énergumènes comme moi pour qui l'épistémologie est une sphère assez nébuleuse.

Lorsque je te lis, je vois clairement se détacher un fait : la position déconstructiviste se pose telle quelle et on s'arrête là ; la position néo-positiviste reconnaît quant à elle les mérites de la première (la mise en évidence des crises) mais pense permettre d'aller plus loin (nouvelle proposition théorique).

Le danger de ces positions (je me base uniquement sur ce que tu dis, je n'ai pas vraiment lu de choses sur le sujet ; je parle donc sous ton contrôle) est peut-être un manque d'ouverture et un certain dogmatisme, dans la mesure où je reste persuadé qu'il n'existe pas UNE position valable, mais plusieurs, qui dépendent d'un contexte, d'une recherche, d'une approche. Ainsi, je ne vois pas comment D. Pumain aurait traité les systèmes de villes selon une approche déconstructiviste, à moins de faire de la prose littéraire vidalienne ; et je ne vois pas, à l'inverse, comment Y. Lüginbuhl pourrait traiter l'évolution de la notion de paysage selon une approche néo-positiviste. Il me semble que la géographie est un champ trop vaste pour se laisser embarquer par l'une ou l'autre de ces positions épistémologiques.

D'où ma position, certes instable, certes fluctuante : je ne suis tenant, en géographie, ni de la science molle ni de la science dure ; j'admire les travaux de Pumain comme ceux d'Auphan ; je m'insurge contre les visions post-modernistes de la ville (la ville qui meurt, cédant sa place à de l'urbain en forme de mer, de bordel en fait, cf. les thèses de Jaillet, Choay : pour les néophytes, en résumé, il s'agit de dire que les villes perdent leurs attributs de centralité, et que dans notre contexte actuel, on ne peut plus vraiment parler de ville, mais que toute la surface habitée devient une sorte de continuum urbain sans centre). La géographie met en oeuvre à la fois des protocoles issus des sciences exactes (doit-on croire dans l'exactitude des sciences ? c'est en ce sens que je me pose plutôt la question ; et je tends plutôt vers la négative) et d'autres issus des sciences prétendûment molles (ethno-anthropologie, sciences humaines et sociales en général).

Dans la mesure où la géographie s'intéresse à des faits aussi mouvants que l'humanité, où son évolution est conditionnée, peut-être de manière plus visible encore que les sciences physiques et mathématiques, il me paraît difficile de concevoir une succession "stade primitif à plusieurs paradigmes" - "stade élaboré avec persistance d'un seul paradigme", puisque je ne vois pas d'unité dans la géographie, une unité qui signifierait presque une unité d'une surface terrestre qui ne serait alors qu'un point ; la mort du lieu (et F. Choay serait confortée ? Mr. Green ).
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homogeographicus

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MessageSujet: Re: Déconstructiviste ou néo-positiviste ? Quelle géographie ?   Jeu 8 Déc à 21:33

Bonnes remarques. cheers
En fait, même si j'ai tendance à être très orienté, je ne fait que définir selon les auteurs. A mon snes la position décontsructiviste est intenable de toute façon.
En même temps pour le néo-positivisme je dirais qu'il faut quand même faire attention ; il s'agit d'un physicien...
En même temps quand on a dix mille théories qui sont toutes conservées, ce n'est pas de la science. Je donnerais volontairement un exmple provocateur pour que l'on comprenne bien.
🐷 :jocolor: 🐷 :jocolor:
Quand je prends mon métro et que je lis mon poulet du matin (entendons par la l'astrologie et autre croyance), je me pose quelques questions ; l'astrologie est-elle une science?
Alors je fais 20 lectures de poulets différentes (20 journaux différents) ; qu'est ce que je vois ? chaque journal me donne un horoscope différent ; c'est cela qui fait que ce n'est pas une science...
Le jour où ET me dira la même chose que DD, je tenterais de valider cela mathématiquement...........(je sais deja par Newton et la gravitation que l'astrologie est une pseudo illusion transcendantale démonstration à l'appui mais il faut pas le dire lol! )
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Miguel
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MessageSujet: Re: Déconstructiviste ou néo-positiviste ? Quelle géographie ?   Jeu 8 Déc à 23:38

A vrai dire, dans le poulet (moi je ne le lis pas, je ne supporte pas les trucs qu'on nous distribue gratuitement le matin), ce n'est pas le fait que ET ne dise pas pareil que DD qui me fait dire que ce n'est pas de la science, mais plutôt le fait que ça passe dans le poulet-magazine ou dans le poulet-actuel ou dans le poulet-métro ou dans le poulet-victime. Plus qu'une validation mathématique intervenant seulement après accord entre ET et DD, j'aurai plutôt tendance à reposer la question autrement. Comme disait Einstein (à tort ou à raison ?), un problème sans solution est un problème mal posé. (problème ou question, je ne sais plus le terme exact)
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homogeographicus

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MessageSujet: Re: Déconstructiviste ou néo-positiviste ? Quelle géographie ?   Ven 9 Déc à 6:03

Si tu t'en réfère à Kant un problème disposant de 26 réponses aboutit ineluctablement à une navigation dans les limbes aussi le cerveau ne parvient à trouver la solution...
Et puis deuxièmement il faut voir les implications des validations mathématiques :
Pour preuve, s'il existait une vérité absolue et si l'astrologie était une science alors on aurait une vérification Chaos = N^Inf donc cela signifie que ce que le poulet du matin n°1 dit est assez identique à ce que dit le poulet n°2. Bref, l'observation des poulets dans les journaux montre assurément que l'astrologie n'est qu'une pseudo illusion transcendantale. Il va falloir qu'ils se mettent d'accord sur la lecture du poulet.
Plus concrètement et d'une manière plus scientifique, j'admets que la lune ait une influence sur le comportement humain (nous sommes constitués d'eau à 70% et A (la lune) agit sur B (l'individu) Fab = GMaMb/dAB²) mais il me semble (et ce n'est pas qu'un sentiment) que Venus ou Mercure ou Uranus ou Pluton (en dépit de leur masse) n'ont qu'une attraction très limitée sur l'être humain, sous entendu, il y a une impossibilité technique (en terme de distance) pour que la planète A agissent sur l'individu B. Reprenons la formule
Fab = GMaMb/dAB² Quand dAB² croit (la distance entre la planète et l’individu), l’interaction décroit. C’est très amusant mais quand le lit le poulet du matin, je m’aperçois que Pluton est aussi influente que Venus ou Uranus et je n’arrive donc pas à le comprendre car les distances nous séparant des planètes ne sont pas équivalentes. Je propose donc une possibilité d’accord pour les lectures de poulets.
Raisonnons sur deux planètes m et q :
m FMI = GMmMi/dmi²
q Fqi = GMqMi/dqui²
Mathématiquement, il est évident que :
Fqi =FMI(Mq/Mm)(dmi/dqi)² [1]
On le voit très bien Fqi est très nettement supérieur à FMI si Masse de q est très sup à masse Masse de m. Par ailleurs il dépend du rapport des distances et aucunement de l’individu (de sa masse, de sa race, de sa classe).
Maintenant application de la lecture de poulet Lune (q) et Pluton (M) :
On montre très facilement par [1] que
Fqi > FMI
La force de la Lune est de loin sup à la Force de Pluton et la relation présupposée Fqi = FMI est fausse.
Merci à la lecture de poulet pour avoir démontré cette formule…
J'ajouterais enfin que le petite bonhomme physicien à tête irsute a aussi dit "Dieu ne joue pas avec des dés" phrase puissante qui en dit long => pas de dés pas de hasard, pas de hasard une causalité prédéterminée, une causalité prédéterminée une formule une formule une conception une conception une seule réponse. lol!
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